Intérieur en ruines de l'atelier de moulage mécanique. Photographie de G.Beunke et A.Labelle, 1919. Collection Familistère de Guise (inv. n°2025-2-14)

Intérieur en ruines de l'atelier de moulage mécanique

Photographe :

G. Beunke et A. Labelle

Lieu :

Guise

Date : 1919
Technique : épreuve photographique sur papier au gélatino-bromure d'argent
Mesures : H. 17,1 ; L. 23 cm
Inscriptions :

Inscrit sur le négatif en bas à gauche : « Familistère de Guise ».

Domaine :

photographie

Acquisition : 2025
Inventaire n° : 2025-2-14
Notice :

L'usine Godin subit des destructions au cours de la première bataille de Guise, à la fin du mois d'août 1914. Une quarantaine d'obus tombent alors sur le Familistère et la manufacture. Mais les destructions causées par cette bataille sont faibles en comparaison de celles, volontaires et méthodiques, que l'Armée allemande inflige à l'usine de la Société du Familistère à partir du printemps 1917. 

À cette période le haut commandement allemand a adopté sur le front Ouest une nouvelle stratégie. Hindenburg et Ludendorff, à la tête du Grand état-major depuis août 1916, organisent un repli unilatéral de leurs troupes sur un vaste réseau de tranchées fortifié, construit en arrière de la ligne de front et nommé « ligne Hindenburg ». Ce repli, que les troupes allemandes effectuent en mars 1917, s’accompagne d’une stratégie de « terre brûlée » touchant les territoires libérés par ce recul. Guise est située trop au nord pour être alors libérée, mais elle se trouve désormais très proche de la nouvelle ligne de front, qui passe non loin de Saint-Quentin. Et un mois après ce repli, les premières destructions volontaires débutent à l'usine Godin. Elles touchent en premier lieu l'atelier de moulage mécanique, qui faisait la fierté de la Société du Familistère. 

Louis Colin, dans un discours prononcé en 1919, évoque ce triste événement : « Le [14 avril 1917] arrivait une équipe de trente soldats démolisseurs qui commençaient à briser le moulage mécanique et tout le matériel, machines à vapeur, tours à ébarder, poulies, transmissions, etc. En un mois, la plus belle conception de M. Godin, l’unique installation de ce genre dont nous nous enorgueillissions à juste titre, fut anéantie. ». L'activité de l'usine ne cesse vraisemblablement pas pour autant, le moulage manuel permettant toujours de travailler, plus lentement et plus péniblement. Seul l'atelier de moulage mécanique est touché au printemps 1917. Mais quelques mois plus tard, en novembre 1917, c'est cette fois-ci tout l’appareil de production de l’usine qui fait l'objet d'une destruction méthodique et organisée : les machines à vapeur sont saccagées, puis « toutes les machines, matériel, outils et agencements de l’atelier d’émaillerie », qui est transformé en atelier de réparation d’automobiles. Par la suite les châssis en bois servant à la fonte au sable sont systématiquement brisés, et utilisés comme bois de chauffage. Au début de l'année 1918 il ne reste ainsi de l'usine plus que les murs. Ce qui n'a pas été détruit a été transporté plus au nord, dans le Valençiennois, a bonne distance de la ligne de front.

Une série de photographies prises au lendemain de la guerre, par G.Beunke et A.Labelle notamment, documente l'état de délabrement dans lequel le conflit a laissé l'usine de la Société du Familistère.

Bibliographie :

Jessica DOS SANTOS, L’utopie en héritage. Le Familistère de Guise (1888-1968), Tours, Presses universitaires François Rabelais, 2016, 452 p.

 

Mots-clés : usine du Familistère de Guise ; Colin (Louis-Victor) ; Première Guerre mondiale ; atelier de moulage mécanique de l'usine du Familistère de Guise ; ruines

Notice créée le 06/02/2026.