Dommages causés par le bombardement du 11 mai 1944 au Familistère de Laeken. Photographie anonyme, 12 mai 1944. Collection Familistère de Guise (inv. n° 2025-2-130)
Les dommages des bombardements de la Seconde guerre mondiale au Familistère de Laeken (verso). Photographie anonyme, 1944. Collection Familistère de Guise (inv. n° 2025-2-130)
Dommages causés par le bombardement du 11 mai 1944 au Familistère de Laeken
| Photographe : | anonyme |
|---|---|
| Lieu : | Laeken |
| Date : | 12 mai 1944 |
| Technique : | épreuve photographique sur papier au gélatino-bromure d'argent |
| Mesures : | H. 12 ; L. 17,9 cm |
| Domaine : | photographie |
| Acquisition : | 2025 |
| Inventaire n° : | 2025-2-130 |
| Notice : | Afin que les travailleurs de son usine belge, implantée à Laeken en 1858, puissent devenir membres de l'Association coopérative du capital et du travail, Jean-Baptiste André Godin envisage à partir de 1883 l'édification d'un pavillon d'habitation à proximité de celle-ci. Le 28 avril 1887 il obtient l'autorisation de la Ville de Bruxelles de bâtir ce nouveau Familistère. Le pavillon, conçu sur le modèle des premiers bâtiments du Familistère de Guise, comprend 72 logements. Il est achevé en juillet 1888, quelques mois après le décès de Godin. En 2024, un don d'archives ayant appartenu à l'ancien administrateur-gérant de la Société du Familistère René Rabaux (1902-1993) a permis d'enrichir de manière significative le fonds photographique du musée concernant le Familistère de Laeken. La présence d'images du Familistère belge parmi cette collection n'est pas surprenante : Simone Vanophaeren, épouse de Rabaux, est née et a vécu au sein de celui-ci. La période de gérance de René Rabaux, de 1933 à 1954, englobe par ailleurs les années de l'Occupation. Le fonds est pour cette raison relativement riche en photographies relatives à cette période. La photographie présentée ici, issue des archives de René Rabaux, témoigne des destructions subies par le Familistère de Laeken le soir du 11 mai 1944. Au printemps 1944 les bombardements de l'aviation alliée s'intensifient en Belgique et en France, pour entraver la logistique allemande et ouvrir la voie aux troupes qui s'apprêtent à débarquer depuis l'Angleterre. Le Familistère de Laeken, situé à proximité de la gare de Schaerbeck, est dans une zone particulièrement exposée. C'est ainsi que le 11 mai 1944 à 19 heures, des bombes pleuvent dans toute la zone située entre l'église de Laeken et le Familistère, d'après le procès-verbal du Conseil de gérance du 24 mai 1944. L'événement ne fait pas de victime, les locataires encore présents s'étant réfugiés dans les caves et celles-ci ayant globalement bien résisté à la déflagration causée par l'attaque. Mais les dommages sur le bâtiment sont importants. Le lendemain, 12 mai 1944, des photographies sont prises afin de documenter l'ampleur des dégâts. Envion la moitié de la façade Nord et un tiers de la façade Est du pavillon d'habitation sont complètement effondrées, et la fragilité des murs voisins des zones effondrées rend nécessaire d'en abattre une partie. Par ailleurs le bombardement a aussi touché le logement de l'Économe, situé dans l'ancien groupe des écoles derrière le pavillon d'habitation. D'après ce que relate Rabaux après sa visite des lieux le 23 mai 1944, la loge du concierge et l'ancien appartement de M.Vanophaeren dans la cour de l'usine "sont inhabitables et devront être abattus". Les ateliers, eux, n'ont pas été touchés. Les bombardements qui ont lieu lors du printemps 1944 entraînent le déplacement de la population du Familistère de Laeken vers des zones moins exposées. Les Familistériens cherchent refuge dans la banlieue immédiate de Bruxelles. À cette même période, les coupures d'électricité et les attaques aériennes, qui obligent fréquemment le le personnel à fuir vers le Parc Royal, impactent fortement la productivité de l'usine. Les services administratifs et commerciaux sont quant à eux transférés dans un magasin de la société situé dans le centre de Bruxelles, boulevard Adolphe Max, "ce qui leur permet de travailler dans un calme relatif". Après la Libération de Bruxelles par les Britanniques, qui advient le 3 septembre 1944, la succursale belge de la Société du Familistère prend à sa charge les travaux de réparation, en comptant sur l'État belge pour obtenir une indemnisation. Mais la société étant considérée comme étrangère, les démarches s'avèrent particulièrement longues. Ce n'est qu'en 1957, sous la gérance de Raymond Anstell, qu'une somme est attribuée pour ces réparations. La somme en question ne semble néanmoins pas être à la hauteur des espérances de la Société du Familistère, car Anstell proteste aussitôt contre son insuffisance. La longue absence de paiement des dommages de guerre est présentée jusqu'à la fin des années 1950 par la gérance de la Société du Familistère comme une cause de la situation financière désastreuse de sa succursale belge. Mais d'après les travaux de Jessica Dos Santos ce discours n'est qu'une manière de dissimuler, en réalité, des difficultés structurelles bien plus graves. Sources et bibliographie: Panni (Frédéric K.) et Fontaine (Hugues) (dir.), L’album du Familistère, ouvrage collectif sous la direction de Frédéric K. Panni et de Hugues Fontaine avec la collaboration de Sandrine Boulon, Guise, les Éditions du Familistère, 2017, pp 130-141. Jessica DOS SANTOS, L’utopie en héritage. Le Familistère de Guise (1888-1968), Tours, Presses universitaires François Rabelais, 2016, p 538. Archives du Familistère de Guise, fonds Dupont, Procès-verbaux du conseil de gérance vol. 30, pp 207-208. |
| Mots-clés : | logement ; Familistère de Laeken ; Seconde Guerre mondiale ; ruines |
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Notice créée le 27/02/2026. Dernière modification le 02/09/2026.